Des yeux qui pleurent sans tristesse ni vent : le larmoiement chronique est un motif de consultation très fréquent — et paradoxalement, sa cause la plus courante n'est pas « trop de larmes ».
Cause n°1 : l'œil sec qui pleure
C'est le paradoxe classique : une sécheresse oculaire ou une blépharite irrite la surface de l'œil, qui déclenche des larmes réflexes par à-coups — typiquement au froid, au vent, à la lecture. Le traitement n'est pas d'enlever les larmes mais de soigner la surface : larmes artificielles, soins des paupières, IPL le cas échéant.
Cause n°2 : la paupière qui ne fait plus son travail
Une paupière inférieure relâchée ou tournée vers l'extérieur (ectropion) n'applique plus le point lacrymal contre l'œil : les larmes débordent sur la joue. La correction est chirurgicale, sous anesthésie locale, avec d'excellents résultats.
Cause n°3 : l'évacuation bouchée
Les larmes s'évacuent normalement vers le nez par un petit canal. S'il se rétrécit ou se bouche (obstruction des voies lacrymales, sténose des points lacrymaux), l'œil déborde en permanence, parfois avec des sécrétions — et avec un risque d'infection du sac lacrymal (dacryocystite). Selon le niveau de l'obstacle : simple ponctoplastie au cabinet, ou dacryocystorhinostomie (DCR), l'intervention de référence qui recrée une voie d'évacuation (voir la chirurgie des voies lacrymales).
Comment fait-on le tri ?
En consultation : examen de la surface de l'œil et des paupières à la lampe à fente, puis test au lavage des voies lacrymales — indolore, il dit en quelques secondes si le canal est perméable. Le traitement découle directement de ce bilan. Chez le bébé, le larmoiement a ses règles propres : voir larmoiement du nourrisson.
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